BlackRock, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley rejoignent le groupe de travail sur la tokenisation du gouvernement britannique
La tokenisation des actifs du monde réel franchit une étape historique. BlackRock, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley — quatre des plus grandes institutions financières de la planète — ont officiellement rejoint le groupe de travail sur la tokenisation mis en place par le gouvernement britannique. Cette collaboration inédite entre le secteur public et les géants de la finance traditionnelle marque un tournant décisif pour l’adoption institutionnelle de la technologie blockchain, avec des retombées économiques estimées à 44 milliards de dollars par an d’ici 2035, selon un rapport du Trésor britannique.
Le groupe de travail, piloté par le Trésor de Sa Majesté, a pour objectif d’accélérer l’intégration des actifs tokenisés dans le système financier britannique. Il réunit pour la première fois les plus grands gestionnaires d’actifs et banques d’investissement mondiaux autour d’une feuille de route commune pour la tokenisation des obligations, des fonds, de l’immobilier et des matières premières. Le Trésor britannique voit dans cette initiative un levier majeur pour renforcer la compétitivité de la City de Londres face à des concurrents comme Singapour, Dubaï et l’Union européenne.
Un signal fort pour l’adoption institutionnelle
La participation conjointe de BlackRock, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley envoie un message clair aux marchés financiers. Ces quatre institutions, qui gèrent collectivement plus de 20 000 milliards de dollars d’actifs, ne s’engagent pas à la légère. Leur présence dans ce groupe de travail indique que la tokenisation n’est plus une expérience technologique marginale, mais une priorité stratégique pour la finance traditionnelle.
BlackRock, déjà pionnier avec son fonds BUIDL tokenisé sur Ethereum, voit dans la tokenisation un levier pour démocratiser l’accès aux actifs privés et améliorer l’efficacité des marchés de capitaux. Goldman Sachs, qui explore la tokenisation des obligations depuis plusieurs années, apporte son expertise en matière de règlement-livraison et de gestion des garanties. JPMorgan, avec son réseau Onyx et le JPM Coin, est l’un des leaders les plus avancés dans le domaine de la blockchain institutionnelle. Morgan Stanley, quant à lui, cherche à étendre sa plateforme de gestion de patrimoine aux actifs numériques.
Le rapport du Trésor britannique : 44 milliards de dollars par an
Le Trésor britannique a publié un rapport détaillé sur la tokenisation, estimant que cette technologie pourrait ajouter jusqu’à 44 milliards de dollars par an à la production économique du Royaume-Uni d’ici 2035. Ce chiffre repose sur plusieurs facteurs : la réduction des coûts de règlement, l’augmentation de la liquidité sur les marchés secondaires, la possibilité de fractionner des actifs traditionnellement illiquides, et la création de nouveaux produits financiers basés sur la blockchain.
Le rapport cite notamment le modèle de convergence proposé par Ripple Labs comme un exemple de la manière dont la tokenisation peut transformer les systèmes de paiement transfrontaliers et les marchés de capitaux. Ripple, qui a développé une infrastructure de règlement en temps réel utilisant le XRP Ledger, est présenté comme un cas d’usage réussi d’intégration de la blockchain dans le système financier traditionnel. Cette mention est particulièrement significative, car elle montre que le gouvernement britannique considère désormais les technologies de registre distribué non pas comme une menace, mais comme une opportunité concurrentielle.
La City de Londres en position de force
Le Royaume-Uni cherche à consolider sa position de leader mondial dans le domaine de la fintech et des technologies financières. La création de ce groupe de travail sur la tokenisation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire de Londres la capitale mondiale de la finance numérique. Le gouvernement britannique a déjà mis en place un cadre réglementaire favorable aux stablecoins et aux services de cryptomonnaies, et le Parlement travaille actuellement sur un projet de loi complet pour encadrer les actifs numériques.
La participation des quatre grandes banques américaines à cette initiative britannique est également un signal géopolitique important. Alors que les États-Unis peinent à définir un cadre réglementaire clair pour les cryptomonnaies — malgré les récentes avancées du Clarity Act — le Royaume-Uni se positionne comme une juridiction d’accueil pour l’innovation financière. Plusieurs entreprises du secteur crypto ont déjà déplacé leur siège européen à Londres ces dernières années, attirées par un environnement réglementaire plus prévisible et un accès privilégié aux marchés de capitaux.
Tokenisation : un marché de 30 000 milliards de dollars
Selon les projections de plusieurs cabinets d’analyse, le marché des actifs tokenisés pourrait atteindre entre 16 000 et 30 000 milliards de dollars d’ici 2030. Ce chiffre inclut la tokenisation des obligations d’entreprise et souveraines, des fonds d’investissement, de l’immobilier commercial, des matières premières et des produits structurés. Les obligations tokenisées constituent le segment le plus avancé, avec des émissions déjà réalisées par la Banque européenne d’investissement, la Banque mondiale et plusieurs entreprises privées.
La tokenisation offre plusieurs avantages par rapport aux marchés...
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